La restauration

Pendant la dernière guerre, Marie-Hélène René-Bazin vivait à Dur-Ecu avec son fils Jean auquel la qualité d’exploitant agricole et de soutien de famille évitait le S.T.O. Georges, l’autre fils, avait lui rejoint la résistance et ne revint que 2 fois à Dur-Ecu durant la guerre, la Hague étant zone militaire, donc particulièrement contrôlée par les Allemands. Ceux-ci occupèrent brièvement le manoir, puis partirent pour des maisons plus confortables.

Plusieurs jours de fin mai et début juin 1944, les bombardiers anglais et américains firent leur apparition dans le ciel, pour des missions qui en fait préparaient le D Day du débarquement du 6 juin, plus au sud dans le département. Dur-Ecu fit partie des cibles « collatérales ». Le 3 juin un avion lâcha plusieurs bombes sur le manoir. Marie-Hélène et Jean survécurent en se cachant dans une niche à l’entrée de la chartrerie. Quand ils sortirent de leur abri, pratiquement toute l’aile sud, parallèle à la colline, était à terre. L’autre aile restait debout mais un trou béant allait du toit jusqu’au sol du rez de chaussée.

le ... donjon, vu de la colline

l'intérieur d'une pièce après la guerre

Durant 30 ans, la mère et le fils s’attelèrent au chantier de reconstruction. Ils refusèrent les dédommagements accordés au titre des dommages de guerre, car ceux-ci leur étaient accordés sous condition d’abattre une grande partie du manoir et de transformer le reste en villa. Leur objectif était de restaurer le manoir à l’identique. Dans un premier temps, une partie du gros oeuvre fut reconstruite avec des entreprises. Puis, l’argent manquant, Jean René-Bazin et un maçon aussi doué de ses mains que polyvalent, Lucien Ribet, furent seuls sur le chantier. Les murs furent reconstruits. Jean dessina les plans d’une tour d’escalier, plus large que l’original où 2 personnes ne pouvaient pas se croiser. Il élabora les plans du donjon sur la base de certains bâtiments comparables de la région, dans la mesure où aucun document ancien ne permettait de juger de l’aspect primitif de cette tour.

la reconstruction du donjon et de l'aile sud, vue d'un endroit proche

Ce n’est qu’après les décès de Jean et de Marie-Hélène que les toitures finirent d’être posées sur l’aile sud et que la couverture du pigeonnier a été refaite. Cette fois-ci, des entreprises de la Hague ont été choisies, puisque cette région a su garder son savoir faire en matière de charpente et de couverture en pierre traditionnelle.


En tout, le processus de restauration du gros oeuvre aura duré près de 50 ans et aura été partagé par trois générations de la même famille.

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