Novembre et décembre 1553 dans le journal de gilles de Gouberville

Novembre 1553.

Le mercredi jor Toussainctz, je ne bougé de céans. Je ne fus poinct à la messe por ce que j’estoye fort malade d’un reusme. J’envoyé Jacques à Vallongnes, chez le curay de Cherbourg, quérir du vin viel et du sucre chez l’appoticayre por iii s. Je ne sorty poinct de ma chambre.

Led. jor au matin, baillé à Douart qui alloyt voyer son père.. xii s.

Le jeudi IIe , jor des Trespassés, tout le jor je ne sorty poinct de ma chambre. Au matin apprès le service, Mesnage et Henry Gardin me vindrent voyer, por accorder de leurs pourceaulx qui avoyent esté engressés sur mon demaine. Apprès disner, vinst la femme Doysnart charcher de la noix muscade por la femme Olivier Le Valot, de nouveau accouchée. Je luy en baillé et du miel.

Led. jor, Castel, de Gouberville, coucha céans por aller demain à la court de l’église où il est cyté, contre ung nommé Corbin, de Gatteville. Dès le matin, Cantepye alla à Téville, chez Guillaume Vastel por charcher les registres de Myaulx de Gonneville, dict Géfontaine, et de là à Clitourp, chez Anthoyne Le Françoys Rabet, por avoyr ung extraict de son registre d’un contract que feu Germain Drouet doybt avoyr passé devant led. de Gonneville et Le Françoys, dont il ne trouva aulcune chose. Il disna chez Jehan Lamache, à Clitourp, puys s’en vinst par Brillevast por recueullyr chez ung nommé Duval l s. de rente qui me sont deubz; il ne le trouva poinct..

Le vendredi IIIe , je ne bougé de céans. Dès le poinct du jor, Cantepye et Symonnet allèrent à Vallongnes à l’assise, por mon procès contre Gatteville por xxx s. de rente. Ilz continuèrent et revindrent viron mydi. Por une ceincture de bufle por led. Symonnet xvii s. vi d. Ilz apportèrent de la conserve de ysoppe et de rosmarin et du vin viel que monsʳ de Cherbourg m’envoyet…… xvii s. vi d.

Le sabmedi IIIIe je ne bougé de céans. Symonnet fut à Cherbourg quérir de la viande et de la chandelle por x s. Ung peu avant soleil couchant, je m’en allé pourmener, Cantepye et Guillaume Le Magnen, du Teil, avecques moy, chez Drouet où nous trouvasmes Thomas Drouet, Loys Margeneste et Sanson Mouchel, sergent de Saulsemesnil, lesquelz banquetoyent; led. Margeneste avoyt faict sommer Cardine, veufve de Germain Drouet, à présent femme de Pierres Magnen, de mettre en repparation la maison qu’elle tient à
douayre à Tourlaville, sur led. Margeneste… x s.

Le dymenche Ve je ne sorty poinct la maison, por ce que je me trouvoys mal. Apprès disner, Jullien Vallongnes et Philippin, son filz, de Brillevast, vindrent por accorder des arrérages de huyct années de cinquante solz de rente foncyère qu’ilz me doybvent. Jehan Le Saulvage, de Tourlaville, s’y trouva, lequel venoyt quérir ses pourceaulx qui avoyent esté engressés aulx chesnées de céans. Il me présenta deux escus, je luy en donné ung et retins l’austre. Guillaume Bitouzé, du Vivier-de-Cléré, disna céans. . . xlvi s.

Le lundi VIe , je ne bougé de céans, Cantepye fut à Cherbourg. Por du vin sec v s., en chandelle ii s., por ferrer la petite jument noyre iii s. …. x s.

Le mardi VIle , viron ix heures, je party de céans, Cantepye et Symonnet avecques moy, et allé à Vallongnes tenir les haultz jours. Nous disnasmes chez Denys, le procureur Vastel, le verdier de Vallongnes, maistre Guillaume Angerard, Demons, Martin Leclerc, Bastillon, maistre Guillaume Cabart, qui y survinst en my disner. Nous partismes de Vallongnes à jor faillant, led. maistre Guillaume avecques moy. En nos en venant, au russeau de la Férière, mon cheval trébucha soubz moy; je m’en deffis le plus tost que je peulz, et por ce qu’il faisoyt noyr, je ne m’en peulx resaisir et s’en fuyt, et à grande difficulté il fut reprins; led. maistre Guillaume le reprint. Il ne voulut poinct tarder céans.

Le mercredi VIIIe, je ne bougé de céans. Cantepye et Symonnet furent à Sct-Pierres. Tassin Quentin m’apporta une grande plis, ung mouruau et ung lieu que le curay de Retoville m’envoyet. Por la despense de Cantepye et Symonnet, et la vacation de quelques tesmoingz qui furent confrontés, por mon procès contre Lefort, x s., et une libvre de chandelle, ii s. Maistre Guillaume, de Belleville, et missire Michel Pasquer, de Bris, arrivèrent ung peu avant que je dysnasse; ilz disnèrent avecques moy. Led. Pasquer emmena sa jument qui estoyt céans dès le moys de juillet. .. xii s.

Led. jor, baillé à Jehan Feullye et Vincent son frère, por iiii journées de la sepmaine de devant la Toussainctz et deux de ceste cy, qu’ilz avoyent syé du boys por raccoustrer les portes. . . . xv s.

Le jeudi IXe, je ne bougé de céans. Je fys piller six vingtz dix rasières de pommes de moysy et aultres pommes sures. Thomas et Nicollas dictz Vaultier tirèrent tout le jor le cydre dud. Thomas à mon pressoyer. Cantepye fut à Quierqueville voyer Robert Lefranc qui estoyt malade d’une fièvre chaulde : il en revinst viron une heure de nuyct, et plouvoyt impétueusement. Il rencontra, à l’hostel Barrier, Brisenés, procureur aulx esleuz, qui estoyt trébuché de dessus son cheval, près nostre grand jardin, et avoyt perdu sa selle. Il retourna luy aider à la charcher et la trouvèrent dedens une ornière en la fange.

Le vendredi Xe, vigille Sct-Martin je ne bougé de céans, je fys tirer le cydre des pommes pillés en jor d’hier. Apprès disner je allé, Symonnet avecques moy, chez Auvré. Je trouvé missire Jacques, et Charles Estienne qui faisoyt ung coffre por Pasquette Auvré, laquelle debvoyt espouser en bref. J’escripvis là unes lettres à Robin Launé, de Magneville, por qu’il me vinst fère des tonneaulx, lesquelles je laissé aud. missire Jacques por envoyer demain à Magneville.

Led. Jor, au partir de chez Auvré, j’achatté, de la femme Henry Gardin, une aulne de grosse toille por doubler ung pourpoinct à Symonnet, iii s. Cantepye fut aulx plès à Barfleu. Por son disner, deux mémoriaulx, et du poisson qu’il apporta, viii s. vi d. Je me levé ce jor, dès le poinct du jor, et retourné chercher ung mouchoyer que j’avoye hier la relevée perdu, me pourmenant au Clos-des-Ventes. Je passé par le pressoyer Quentin, por ce que je y avoye hier esté, et y trouvé Lecoyffe, qui me dist qu’il avoyt desjà assis son marc, et qu’il avoyt trompé Michelet Gardin qui y avoyt le sien pillé premier que led. Lecoyffe. Denys Quentin et son frère n’estoyent encore levés quand je frappé à leur huys, néantmoins qu’on revinst des volées. … xiii s. vi d.

Le sabmedi XIe , jor Sct-Martin je ne bougé de céans. Dès le matin, Quentin Lecourt y vinst, por ce que je l’avoye faict adjourner à recognoistre son signe. Thomas Castille, de Cosqueville, s’y trouva, lequel y disna et Guillaume Magnen; Cantepye fut à Cherbourg. Por ung quartier de mouton et ung membre de beuf viii s. et trois quartes de vin sec v s. … xiii s.

Le dymenche XIIe , je ne bougé de céans. Estant à la messe, missire Jehan Auvrey me donna une rose blanche cueullye ce jor en son jardin. Yvon Cacharf disna céans et surnommé Blanche, serviteur de Baucquet.

Le lundi XIIIe , dès le poinct du jor, je m’en allé, Cantepye avecques moy, chez Berteauville, à Torqueteville, lequel je trouvé en sa maison desjeunant, et le trésorier Megret avecques luy; de là nous allasmes, led. Vastel,procureur, et Olivier Pilet, chez le Sʳ du Vast, que nous trouvasmes en sa maison, et comme nous estions devant sa porte, Carneville, mareschal du guet à Cherbourg, me vinst saluer et me dist qu’il estoyt venu au Vast pour voyer s’il y avoyt des bestes noyres au boys de Bosneel. Ce faict, nous allasmes, led. Vastel, procureur, et Olivier Pilet, chez le Sʳ du Vast, que nous trouvasmes en sa maison, et comme nous estions devant sa porte, Carneville, mareschal du guet à Cherbourg, me vinst saluer et me dist qu’il estoyt venu au Vast pour voyer s’il y avoyt des bestes noyres au boys de Bosneel. Ce faict, nous allasmes, led. sʳ du Vast avec nous visiter led. boys, selon qu’il avoyt esté ordonné mardi dernier, affin de contraindre ceulx qui ont terres joygnant aud. boys à les clorre par devers icelluy. Quand nous heusmes tournyé tout au tour dud. boys, je m’en revins; il estoyt viron une heure apprès mydi quand je arrivé céans. Je ne mangé poinct chez Vastel et ne descendi poinct au Vast.

Led. jor, Symonnet fut à Cherbourg charcher de la futaille, il n’en trouva point. Il achatta deux boisseaulx de sel vi s. et du cuyr por les garsons por vi s. … xii s.

Le mardi XIIIIe dès le matin, je m’en allé à Vallongnes, Cantepye avecques moy; il estoyt dix heures quand je y arrivé. Je trouvé led. sʳ de Hemevez à nostre logis, lequel me dist qu’il avoyt achatté cinquante boisseaulx de glan à Yvetot, que le Verdier de Vallongnes luy avoyt faict arrester. Je ne beu ne mangé à Vallongnes. Les vicontes de Vallongnes et Sct-Sauveur et Le Berceur plaidèrent en ballyage por les biens des soubz-âge du feu sʳ de Pierreville. J’achatté de la carrelle, unes petites estramires (?) d’argent et ung passement de soye rouge x s. Il estoyt presque soleil couché quand j’arrivé céans.

Le mercredi XVe , je ne bougé de céans. Je fys semer à la Haulte-Vente six boisseaulx de fourment par Gaultier Birette. Cantepye fut à Sct-Pierres por mon procès contre Lefort et contre Planque. Por ung mémorial et sa despense. … ii s.

Le jeudi XVIe, je ne bougé de céans. Missire Guillaume Le Flament et Thomas Castille, de Cosqueville, Guillaume Le Magnen, du Teil, et Thomas Drouet disnèrent céans. Nous debvions appoincter led. Castille et Magnen, ce que ne fismes. Ilz s’en retournèrent apprès disner, viron sur les deux heures. Cantepye s’en alla coucher chez son père por aller, comme il disoyt, demain à Briquebec exécuter Adrien de Bailleul. Assés tost apprès, Symonnet, Thomas Drouet et Moisson s’en allèrent à la haye de Digoville, au juc des ramiers, sur le soleil couchant; il se prinst à tonner et plouvoyer demesurément et dura l’impétuosité de la pluye plus d’une heure, et furent fort moullés en leur revenant. Guillaume Le Magnen vinst quand et moy au moulin et chez le marescha d’où nous estions revenus avant la pluye. Il souppa céans.

Le vendredi XVIIe je ne bougé de céans. Tout le jor il fist fort mauvays temps, et principalement sur le soyer; la grosse pluye me surprinst à la Perruque, Guillaume Berger avecques moy. Nous prinsmes le couvert chez Varin, à l’hostel Barrier, où nous trouvasmes la Chigorne et Letice, lesquelles se voulloyent entrebattre et ne tint pas à nous qu’elles ne se prinsent au poil.

Led. jor au matin, viron neuf heures, je m’en allé chez Mesnage. Nous en allasmes de là pourmener au Clos-des-Ventes, Yvon Mesnage avecques moy, et me conta que Nicollas Levesque avoyt voulu achatter de Bunel de Cosqueville une condition d’héritage, sur led. Mesnage, touchant sur ce que la mère dud. Bunel a en ceste parroisse. Guillaume Mesnage vinst au soyer por racoutrer mes bottes et les Symonnet. Je luy donné i s. et Symonnet ung aultre, de l’argent qu’il avoyt gaigné de Moisson à jouer à la chause.

Le sabmedi XVIIIe, je ne bougé de céans. Apprès disner, Symonnet alla à Vallongnes porter à maistre Pierres Jehanne, procureur por le Roy, aud. Vallongnes, troys lièvres por ce qu’il faisoyt demain le banquet de la bienvenue de sa femme. Viron neuf heures je fus chez Auvrey por envoyer leur serviteur Nocent à Magneville quérir des tonneliers, et de là m’en vins à Henry Gardin, que je trouvé à sa grange et luy dis qu’il contragnist Françoys Doysnard por le reste de ce qu’il me doybt. Cantepye revinst au soyer de Briquebec.

Led. jor, apprès disner, je m’en allé à Tourlaville, Moisson avecques moy, chez Philippes Truffer, affin qu’il me gardast le marc de ses pommes d’amer-doulx, por en avoyr les pepins. Nous en revinsmes par chez petit Jehan Luce, que nous trouvasmes en son pressoyer, et grand Jehan Luce qui y pilloyt.
J’achatté dud. grand Jehan des pommes de menuel estantes encor aulx arbres par xviii deniers la rasière. Martin Luce et led. petit Jehan y estoyent présens.

Le dymenche XIXe, je ne sorty poinct de ma chambre, por ce que je me trouvoys mal. Au retour de la messe, Symonnet m’apporta une rose blanche que missire Jehan Auvrey m’envoyet. Avant que me levasse, Martin Le Galloys, de Saulsemesnil, vinst por parler à moy; mais je ne parlé poinct à luy por ce que j’estoys malade. Martin Loyr estoyt avecques luy, comme on me dist. Apprès soupper, Cantepye et Symonnet allèrent à Clitourp, por recouvrer une vache que ung homme de La Hague avoyt perdue. Apprès disner, Moisson alla coucher à la Varengère et mena une chienne chaulde por fère couvrir à ung des chiens de monsr de Magneville.

Led. jor, reçeu, de Tassin Quentin, trente solz tz. por l’engrès de quattre pourceaulx por Lescripvain, de RétoviIIe, qu’il avoyt mys à ma peusson, et quinze solz tz. de Françoys Doisnar por deux pourceaulx. … xlv s.

Led. jor, reçeu dud. Doisnar iii s. sur xviii s. restans du terme Sct-Michel dernier. iii s.

Led. jor, baillé à Robine Feullye xx s. restans de ce que je luy doy de sa peine, dempuys le jor Sct-Marc jusques au jor qu’elle s’en alla de céans, et partant elle demeura quicte de ce qu’elle peult debvoyr de rente céans ou précédent le jor Sct-Michel passé. … xx s.

Le lundi XXe,, je ne bougé de céans. Viron une heure avant jor, Cantepye et Symonnet revindrent de Clitourp où ilz estoyent allés hier apprès soupper. Viron une heure de soleil, Cantepye allé à Cherbourg sur le pitel de Sct-Naser, sur lequel Jehan Le Nepveu, serviteur à Sct-Naser, estoyt hier venu céans. Viron neuf heures, Gilles Lenfant l’arpenteur arriva et me dist que Monsr Davernes seroyt, le mercredi 29 de ce moys, à Vallongnes.

Led. jor, au matin, je fus chez Auvré por envoyer Nocent, serviteur de céans, coucher à Magneville, et luy fis bailler ung cheval por apporter demain les ostilz des tonneliers. Je fys semer six boisseaulx de fourment à la Haulte-Vente. Por deux membres de beuf et ung quartier de mouton que Cantepye apporta de Cherbourg xii s. … xii s.
Le mardi XXIe,, je ne bougé de céans. Apprès desjeuner, Cantepye alla à Gouberville pour fère remuer les plès qui estoyent termés à demain. Symonnet fut à Vallongnes fère contraindre Jehan Le Tourneur pour estre confronté contre Lefort, de Carneville. Por le salayre du sergent et por ung fer au petit cheval ii s. viii d. Viron mydi, Robin Launey et Gilles ……. son compagnon, tonneliers, et Françoys Girard arrivèrent céans et Nocent que j’avoye hier envoyé quérir lesd. tonneliers, lesquelz tonneliers, apprès avoyr reppeu, se misrent en besongne.

Le mercredi XXIIe,, apprès desjeuner, je allé à Sct-Pierres, Symonnet avecques moy. Venus là, je y trouvé Cantepye qui avoyt couché à Gouberville. Je monstré au lieutenant de Sct-Sauveur, à maistre Jehan Binet et à maistre Guillaume Vastel, ung contract où Myaulx, de Gonneville, debvoyt estre signé.

Led. jor j’achatté de Jehan Caulvin cinq quartiers de blanchet por fère unes chausses à Symonnet, xxxvii s. Apprès avoyr parlé à mon filleul de Raffoville à missire Guillaume Flamenc, à Harelle et à plusieurs aultres, j’achatté de Sansonnet troys peignes et deux petittes bagues d’argent x s., puys m’en vins, missire Jehan Auvré, Yvon Mesnage et Thomas Drouet avecques moy. Il estoyt quasy nuyct quand j’arrivé céans. Et assés tost apprès, Cantepye arriva, qui estoyt demeuré encore ung peu à Sct-Pierre por lever ung mémorial.
Por iiii vitecos qu’il achatta vi s. … liii s.

Led. jor, reçeu par la main de Cantepye en l’acquict de Philippin Tocque, sur son louage … xxi s. x d.

Led. jor, baillé à la Marchande por deux jours qu’elle a esté céans por me fère des chemises. … xii d.

Le jeudi XXIIIe, je ne bougé de céans d’avecques mes tonneliers. Dès le matin, Cantepye et Jehan Douart furent chez Quentin Lecourt quérir des ès de chesne por fère des fons à tonneau. Ilz en apportèrent dix ou douze qui n’avoyent que troys piedz de long checun. Symonnet et Moisson furent à tirer au couvert et tirèrent deux cersereules. Chandeleur, sergent, souppa et coucha céans.

Led. jor, baillé à Jacquette, fille Jehan Feullye, et à Françoise, fille Giret Pyvain, por troys jours qu’elles ont esté céans por me fère des chemises à checune xviii d. … iii d.

Le vendredi XXIIIIe,, je ne bougé de céans d’avecques mes tonneliers. Au matin je m’en allé, Lajoye avecques moy, au Clos-des-Ventes, et luy fys parer au pied des entes et oster les jetons. Comme nous étions là, arriva Guillaume Fréret qui me demandé congé de prendre de la terre près le moulin por fère l’astre d’un four. Dès le matin Candeleur et Cantepye s’en allèrent à Manneville por contraindre Adrien de Bailleul.

Led. jor, baillé au soyer à Robin Launey et à son compagnon, tonneliers, pour quattre journées qu’ilz ont esté céans. … xvi s.

Le sabmedi XXVe, je ne bougé de céans. Viron mydi, Symonnet partit por aller en Bessin vers Monsʳ le lieutenant général et à Russy. Je luy baillé une douzaine de vitecos por porter à mon oncle et l s. por fère son voyage, car je ne sçavoys où il pourroyt recouvrer led. Sʳ lieutenant … l s.

Le dymenche XXVIe,, je ne bougé de céans. Thomas Castille, de Cosqueville, et Guillaume Le Magnen, du Teil, disnèrent céans. Je ne les peu appoincter et leur mys terme à dymenche puys s’en allèrent. Il pleut fort tout le jor.

Le lundi XXVIIe,, je ne bougé de céans. Je fys vuyder l’estable aulx vaches et parer en la court. Au soyer, apprès soupper, Cantepye revinst de Briquebec et me dist qu’il avoyt appoincté avec Adrien de Bailleul. Monsr de Sct-Naser souppa et coucha céans.

Le mardi XXVIIe, dès le matin, je party de céans, Cantepye et Lajoye, por aller à Vallongnes. Comme nous vinsmes au russeau de la Ferier, je rencontré ung boulenger de Vallongnes nommé …… (sic) qui m’apportoyt des lettres du verdier de Vallongnes, qui contenoyent que Monsʳ Davesnes et Monsʳ de Bosroger commissayres por vendre des boys, se trouveroyent à ce matin à Barnavast, par quoy j’envoyé Cantepye à Vallongnes por recouvrer du gibier, et m’en allé, led. Lajoye avecques moy, chez le cappitaine du Teil que je trouvé en sa maison, et Gauvain Fleury et son filz et aultres charpentiers qui sièrent des douvelles. Je desjeuné céans, puys m’en allé en Barnavast où se trouvèrent lesd. Sieurs, le verdier de Vallongnes et Vastel, procureur; ilz virent les ventes, puys allèrent disner à Gonneville et je m’en vins céans.

Led. jor, apprès disner je party de céans, Cantepye avecques moy, lequel estoyt desjà revenu de Vallongnes et nos en allasmes à la Férière, près la fosse au Roux, attendre lesd. sieurs commissayres, qui s’y debvoyent trouver pour voyer une vente qui y estoyt assise. Nos les attendismes jusques à solei couchant, et voyant qu’ilz ne venoyent poinct, nos en vinsmes, et viron une heure de nuyct lesd. sieurs commissayres et le verdier de Vallongnes arrivèrent céans; ilz y souppèrent et couchèrent. Por du vin cleret et du gibier que Cantepye apporta de Vallongnes xviii s., et por deux potz de vin blanc sec que Jacques apporta de Cherbourg vi s. viii d. et deux libvres de chandelle  iiii s. … xxviii s. viii d.

Le mercredi XXIXe,, apprès avoir desjeuné céans, toute la compagnée, nos allasmes voyer une vente au mont de Bavent, l’austre près la verrerye, et l’austre en la garde de la Roque d’Auberville et de là disner à Vallongnes. Apprès disner, les adjudications se fisrent en la cohue; ce faict, viron soleil couché, je party à m’en venir, Cantepye, Moisson et Lajoye avecques moy. Il estoyt une heure de nuict quand nous arrivasmes céans.

Le jeudi, jor Sct-André, dès le matin, je m’en allé à Vallongnes, Cantepye avecques moy. Tot le jor je n’en bougé. Il pleut merveilleusement, tant que la court de chez Denys emplit d’eaue. Je disné et souppé avec les sieurs Davernes et Bosroyer, les verdiers de Vallongnes et Cherbourg, maistre Pierre Collas, l’arpenteur et plusieurs. L’esleu Pinard y souppet. Je perdy à jouer au flus, tant apprès disner que apprès soupper,lxii s. … lxii s.

Décembre 1553.

Le vendredi premier jor, apprès avoyr desjeuné à Vallongnes avec lesd. sieurs commissayres, je les fus convier jusques au-delà de Monstebourg, puys m’en revins à Vallongnes. Je baillé à Bauquet xiiii liv. xv s. du nombre de xxxx liv. xv s., restans de  iiiixx liv. tz. que mon père debvoyt à feu Artur de Conteville, puys monté à cheval et m’en vins. Il estoyt soleil couché quand nous arrivasmes céans … xiiii liv. xv s.

Le sabmedi IIe,, je ne bougé de céans; il fist fort beau temps. Je fys semer xvi boisseaulx de fourment à la Haulte-Vente. Dès le matin, Cantepye fut à Barfleu; il estoyt nuyct quand il en revinst. Assés tost apprès, arriva Symonnet qui venoyt de Bayeulx. Il estoyt party d’ycy le jor Scte-Catherine. Il me rendit xxxv s. des cinquante que je luy avoys baillés por fère son voyage. Ce mesme jor, Pasquette, fille de feu Nicollas Auvré, de cette paroisse, espousa le filz Roumy, de Sct-Martin-Ie-Pauvre, et Jehan Fréret espousa au Teil la fille de Guillaume Doulcet, du Teil. xxxv s.

Led. jor, por une libvre de chandelle et ung pot et demy de vin blanc
que Jacques apporta de Cherbourg. … vii s. iv d.

Le dymenche IIIe, je disné et souppé chez Loys Fréret au banquet des nopces de son filz Jehan. Il estoyt viron dix heures de soyer quand j’en revins, Cantepye, Symonnet et Guillaume avecques moy. Nous amenasmes à coucher céans Michelette, femme de Nicollas Gohel. Je donné v solz aulx ménestriers et I s. à Quelon Berger, qui nous dist ung dictier de Noël. … vi s.

Le lundi IIIIe, dès le matin, je fys descendre vixx raisières de pommes de tostonnet et piller tot le jor. Viron XI heures, je retourné disner chez Fréret avec la compagnée d’hier. Apprès avoir disné et dansé, je donné v s. au cuysinier qui avoyt accoustré le banquet. Il estoyt près de quattre heures quand nous partismes, Cantepye et Symonnet estoyent avecques moy. Apprès soupper, ilz furent porter ung mommon chez Auvré au cappitaine du Teil et aultres, qui estoyent revenus de nopces de Pasquette Auvré chez Roumy,à Sct-Martin-Ie-Pauvre. … vi s.

Le mardi Ve,, vigille Sct-Nicollas, je party de céans, viron deux heures avant jor, Symonnet avecques moy, et allé à Gouberville où j’arrivé devant soleil levant. Les plès de la syeurye furent tenus par Jehan Lefeyvre, sénéchal, qui apprès s’en alla tenir les plès de Sct-Sauveur, à Toqueville. Je disney tout seul. Apprès disner, Jacquet Toque me donna ung quarteron de harenc sor, et Marin Flament une douzaine et Castel une aultre douzaine.

Led. jor, reçeu de Léonard Castel sur ses louages xlv s. sur le terme Sct-Michel dernier, reste xv s. … xlv s s.

Led. jor, reçeu de Joret Gaillard ung pistolet restant de ce qu’il doybt en argent de son fermage por le terme Sct-Michel dernier, et dix solz de luy en l’acquict de André Sorel por led. Terme. … lv s.

Led. jor, viron une heure apprès mydi, je party à m’en venir. Cantepye estoyt allé à Vallongnes contre Lamare, chanoyne à Bayeulx. et arriva céans quand et moy, et me dist qu’il n’avoyt point trouvé led. chanoyne.

Le mercredi VIe,, jor Sct-Nicollas, je ne bougé de céans. Je rendi à Cantepye iii s.  iiii d. por deux libvres de chandelle qu’il avoyt hier apportées de Vallongnes. Luy, Symonnet, Douart Grandin et Moisson furent jusques en apprès mydi en culperreulx voyer s’ilz trouveroyent quelque beste de compagnée.

Le jeudi VIIe, vigille Nostre-Dame, je ne bougé de céans. Je fys assoyer un marc de vixx rasières de pommes de tostonnet, pendant lequel temps Thomas Drouet rechevilla l’escryeu du pressoyer qui estoyt fendu en deux pièces. Il estoyt nuyct avant que led. marc fust assys et l’escryeu remys, por ce qu’on avoyt commencé à grand jor.

Led. jor, ung jeune homme nommé La Varengère, et ung aultre jeune filz, serviteurs de Monsʳ de Sottevast, vindrent céans au matin et amena deux levriers et ung dogues por essayer à prendre quelque beste de compagnée. Ilz s’en retournèrent sur la relevée.

Le vendredi VIIIe, jor Nostre-Dame je ne bougé de céans. Jacquet Laguette fut à la messe en ceste parroisse. Je le pryé de venir disner céans. Il ne voulut, por ce qu’il avoyt affère avec Guillaume Berger, son nepveu. J’envoyé Guillaume Lesage à Brillevast porter deux petiltz chiens, l’un à nourrir, chez Julian Vallongnes, et l’austre que je donnoys à mon cousin Barville. Apprès vespres, je m’en allé pourmener au Clos-des-Ventes, Guillaume Mesnage avecques moy, de là vers les closages du Bordel, où nous en revinsmes par chez Henry Gardin et de là chez Nicollas Vaultier, où nous fusmes quelque peu, et pendant Symonnet et Douart, qui venoyent d’ouyr chanter des perdrix, passèrent et s’en vindrent quand et moy. Led. Mesnage m’avoyt tenu propos, tout le temps qu’estyons seulz, des partages d’entre luy et ses frères, et me prya que je luy aydasse, sy son frère Yvon luy voulloyt fère tort.

Le sabmedi IXe,, je ne bougé de céans. Dès avant jor, Cantepye alla à Briquebec contre Adrian de Bailleul et en revinst à soleil couché. Symonnet, Mesnage et Gilles Auvré partirent au matin, apprès avoyr desjeuné, por aller à la fère à Vallongnes et Jehan Douart avecques eulx. Ilz menèrent ung toreau et une jument que nous appellions la Brunelle; le toreau revinst, la jument fut vendue iiii liv. tz. Je fys entonner le cydre des six vingtz rasières de tostonnet, et en fys emplir ung tonneau de deux pippes, et une pippe et bien près d’un poinson, et en fys fère le baillet par Gaultier Birette et Jehan Groult, filz Richard, mes serviteurs. …  iiii liv. tz.

Led. jor, por ung quartier de mouton, du beuf et de la chandelle que Symonnet apporta de Vallongnes. … xiiii s.

Le dymenche Xe,, je ne bougé de céans; je fus à la messe Nostre-Dame et à la grand’messe. Apprès disner, Joret vinst de Gouberville et apporta du harenc sor. Je m’en allé à la haye de Digoville, Symonnet et Lajoye avecques moy. En passant par l’église, nous emmenasmes Martin Pyvain quand et nous. Nous venus à la haye trouvasmes cinq chesnes abattus, et se trouva, sur le lieu, Estienne Pynabel, de Gonneville. Quand nous en revinsmes nous trouvasmes le sʳ des Cresnès et son benest et deux lacquès, lesquelz venoyent de Montferville. Ilz souppèrent et couchèrent céans.

Led. jor, reçeu de Joret Gaillard, en l’acquict de Jehanne Toqué, por le reste de son louage, xxxvii s.; de Richard Marcadel por son louage, x s.; de Castel, sur xv s. restans de son louage, vii s.; de Jacquet du Bosc, sur son louage, xii s.; de Thomas Fortin por sa rente xii s. … lxxviii s.

Le lundi XIe,, je ne bougé de céans. Dès le poinct du jor, le sʳ des Cresnès et Cantepye allèrent à l’assise à Vallongnes. Je fys descendre et piler xlvi rasières de pommes, dont j’en avoye heu de Tahot xx rasières. Je fus la relevée à la haye de Digoville voyer sy on avoyt levé les chesnes qu’on y avoyt abattus, Symonnet et Lajoye avecques moy. Quand nous vinsmes au bout de la Neufve-Vente, nous trouvasmes Nicollas du Bosc, filz Symon et deux aultres jeunes hommes avecques luy. Led. du Bosc avoyt une arbaleste et le bendage et du traict que je luy osté, por ce qu’il estoyt en buisson de deffens. Il estoyt viron troys heures quand je revins céans. II estoyt nuyct quand Cantepye revinst de Vallongnes. Douart Grandin fut en culperreux voyer à sa trappe.

Le mardi XIIe, je me levé viron quattre heures avant jor, pensant qu’il fust près de jor, et voyant qu’il n’estoyt encor jor, nous nous mismes à desjeuner du harenc sor, que Joret avoyt apporté dymenche, et des boudins de sanc de la façon de céans. Je gaigné de Cantepye, en attendant le jor, deux perdrix por la gageure d’un coc de perdrix qu’il disoyt estre une poule, et fismes lever Douart por estre nostre juge. Au poinct du jor je monté à cheval por aller à l’assise à Vallongnes, Cantepye et Symonnet avecques moy. Je donné deux perdrix au greffier des esleuz, qui me bailla ung extraict de son registre touchant les iiiimes de Gouberville et du Mesnil, et donné à son clerc, qui fist l’éxtraict, iii s. Je le fys signer à mon cousin de Borlande et à l’esleu Pinard. Gateville heult ung délay à l’assise contre moy. Il estoyt viron soleil couché quand je party à m’en venir. Ce jor, le filz du Heaume fut mys prisonnier por la mort de Breuville, frère du baron de La Luthumière. Por deux libvres de chandelle, deux membres de beuf et iiii fers à la jument faulve. … liii s.

Led. jor, por une payre de bottes que j’achatté du Menuel, dict Marchebeau … xii s.

Le mercredi XIIIe, jor Scte-Luce, apprès desjeuner, Cantepye alla à Sct-Pierre por mes altères, et je allé à Vallongnes, Symonnet avecques moy, por ce que les enfans de Monsʳ le conte de Tende debvoyt venir y coucher. Je arrivé à Vallongnes viron xii heures. Entre ung et deux, le viconte, les procureurs et advocat por le Roy, les esleuz, Jehan Poyctevin, La Girotterye, Berteauville, Navarre Guillaume Oger et son filz Thomas, Pierres Groult, curay de Quinéville, et plusieurs aultres, allasmes au-devant desd. syeurs, que trouvasmes près Monstebourg. En nous en revenant, rencontrasmes le sʳ de Magneville le lieutenant Bastard, Aumeville, l’esleu Haultgars et plusieurs qui venoyent au-devant; toute la compagnée les mena jusques au chasteau, puys m’en vins. On estoyt à la volée à Cyfrevast quand nous y passasmes. Au sellier, por la façon de deux payres de sangles et deux contresengleaux. …  iii s.

Le jeudi XIIIIe,, je ne bougé de céans. Je fys fère le marc des pommes qu’on pila lundi. Moisson revinst de chez son oncle où il estoyt allé dimenche, et avoyt porté une petite chienne por fère nourrir. Cantepye, Symonnet et Douart furent aulx connins à la Haulte-Vente et en prindrent ung, et en fouyrent ung aultre près la maison au Sage et nos fusmes jusques à une heure de nuyct, Thomas Drouet avecques nous, et sy ne l’eusmes poinct.
Je baillé à Cantepye xviii d. por des matières à encre qu’il avoyt achattées hier à Sct-Pierre. … xviii d.

Le vendredi XVe, je ne bougé de céans. Je fys fère le baillet du cydre qu’on avoyt hier tiré. Sur la relevée je m’en allé pourmener chez Drouet où je prins Thomas, qui s’en vinst avecques moy au moulin et de là chez Nicollas Vaultier, où Jehanne et Hélène battoyent à la grange. Comme nous y estions, Symonnet y vinst, qui me dist que Thomas Alexandre, Nicollas Le Holt, Robin Castel et Myaulx Becquet, filz Guillaume, tous de Gouberville, estoyent à la maison qui m’attendoyent; incontinent m’en vins. Ilz m’avoyent apporté du harenc soret et de l’avène. Ilz banquetèrent, puys s’en allèrent. Il estoyt jor couchant quand ilz partirent de céans.

Led. jor, je fys descendre et piler lxi rasières de pommes de menuel et abbattre, par Symonnet et Moysson, ung fau sec au coing de la Coulombières, qui fut chargé le mesme jor et n’y avoyt que deux chartées de boys. Thomas Drouet souppa céans.

Le sabmedi XVIe,, je ne bougé de céans. Une heure avant jor, Cantepye partit por aller à Briquebec contre Adrien de Bailleul. Avant que me levasse, missire Pierres Groult et Cosmet du Bosc vindrent céans, et m’apporta led. du Bosc deux chappons. Ilz me parlèrent des affères de Basselin, duquel du Bosc est fermier à Hettemembosc. Led. Cosmet emporta ung petit chien que je luy baillé à nourrir. Symonnet fut à Cherbourg quérir de la viande et deux libvres de chandelle, x s., et fère ferrer le petit Maturin, v s.
Cantepye revinst de Briquebec par Vallongnes et en revenant de Vallongnes céans, il trouva à la lande de Beaumont ung bissac dedens lequel y avoyt deux petites plis, deux raytons, ung franc os (?, ung quartier de mouton et ung licoul; il apporta le tout céans. Il estoyt nuyct quand il arriva.. xv s.

Led. jor, sur la relevée je m’en allé pourmener vers le Clos-des-Ventes. Je prins en passant par sa maison Jehan Paris; il luy estoyt mort ce jor ung aumel qu’il avoyt à moytié de Jacquet Laguette. Nous allasmes jusques au clos que Françoys Le Blond a vendu à missire Jacques Auvré, où nous trouvasmes Guillaume Auvré qui semoyt du fourment, et nous dist que c’estoyt le premier qu’ilz heussent labouré de cest an, et Nicollas Levalet et Nocent, serviteurs dud. Auvré, qui estoyent à la charue à du fourmentery sablonné, et la mère dud. Auvré qui fouissoyt des naveaulx. Nous fusmes viron une heure avecques eulx, puys m’en revins, led. Paris quand et moy, par chez Nicollas Vaultier, que nous trouvasmes, et ses seurs chauffant le four. Missire Jehan Fréret y vinst charcher des naveaulx. La femme dud. Parys m’y apporta des œufs frays et la femme de Thomas Vaultier aussy. Il estoyt vol de vitecos quand j’en party. Led. Parys me convoya jusques à céans. Je fys charier du marc de devant le pressoyer, de l’austre part du doyt, por
ce que l’eau qui estoyt soubz l’esmoy ne se pouvoyt vuyder à cause dud. marc qui l’empeschoyt.

Le dymenche XVIIe, je ne bougé de céans. J’arrivé à l’église comme on sonnoyt le sacrement de la messe paroissiale, que dist le vicayre de Brix, nommé Duchesne. La grande messe dicte, le vicayre de Sct-Martin en commença une aultre en hault, où je fus tout du long puis m’en allé, Cantepye et Symonnet avecques moy disner chez Auvré, au recroc des nopces Pasquette Auvré, où se trouvèrent lesd. vicayres de Brix et Sct-Martin, Guillaume Ribert, Henry Gardin, et le mary de lad. Pasquette et plusieurs autres de Sct-Martin. Il estoyt viron troys heures quand nous en partismes. Je trouvé le sʳ Pierres Dossès céans quand je y vins il souppa et coucha céans.

Le lundi XVIIIe, je ne bougé de céans. Je fys tirer le cydre de menuel et entonner. Cantepye fut à Cherbourg à pied; Symonnet et Moisson furent à la chasse, et Douart prinst six perdrix à la Haulte-Vente qu’il apporta toutes vives en ma chambre avant que je fusse levé. Je laissé aller la vielle poule et ung jeune coq et leur couppé le petit ongle du pied droyct, pour les recongnoistre sy d’aventure on le reprend.

Le mardi XIXe,, dès le matin je allé à Vallongnes, Cantepye et Symonnet avecques moy, por les haultz jours. Nous dysnasmes chez Denys, le verdier de Vallongnes, Berteauville La Planque Demons, Bertoles, Thierrye et aultres. Apprès disner, nous fusmes tenir la juridiction, et icelle fynye nous allasmes, maistre Pierres Collas et moy, chez Denys taxer les amendes, où nous fusmes jusques à huyct heures. Il alla soupper, et je monté à cheval et m’en vinst céans. Au matin, j’avoye faict présenter par Cantepye deux perdrix, deux ramiers et deux vitecoz à Messieurs les enfans de Monsieur le comte de Tende, lorsqu’ilz disnoyst au chasteau. L’un des vitecoz et les ramiers coustèrent. … ix s.

Le mercredi des quatre-temps XXe,, vigille Sct-Thomas, je ne bougé de céans. Je fys descendre et piler cent xii rasières de pommes de bosc. Ce mesme jor, Loys Margeneste apporta des pommes à piler au pressoer de céans. Sur la relevée, je fus chez Drouet chercher Thomas; on me dist qu’il estoyt à Tourlaville quérir du tan. Nicollas pettrissoit et Françoys chauffoit le four.

Le jeudi XXIe,, jor Sct-Thomas, je ne bougé de céans. Apprès la messe et disner, je fys coucher ung marc de cent ou vixx rasières de pommes de bosc par Gaultier Birette et Jehan Groult, et envoyé Jehan Douart coucher à Gouberville por apporter demain du blé. Il estoyt fort negé au matin et neygea encor tout le jor. Cantepye, Symonnet, Douart Gardin et Moisson furent aulx lièvres, mays ilz ne trouvèrent rien.

Le vendredi des quatre-temps XXIe,, il neygea jusques près de mydi. Douart et le valet Joret vindrent de Gouberville et apportèrent douze boisseaulx d’orge. Je fys apporter le cydre de bosc et fère du boys por ce Noël. Je ne bougé de céans.

Le sabmedi XXIIÏe,, qu’on jeunoyt por la vigille de Noël, je ne bougé de céans. Symonnet, Douart et Moisson furent étracquer à la forest et ne prindrent rien. Cantepye fut à la Marette et de là à Cherbourg quérir de la viande et de la chandelle por xviii s.

Led. jor, baillé à Galié, serviteur de Joret Gaillard, i s. por porter une excuse aux plès à Barfleu. Il partit de céans ung peu avant jor.

Le dymenche XXIIIIe,, veille de Noël, je ne bougé de céans; il estoyt encore fort neygé. Symonnet fut tout seul estracquer et prinst deux lièvres. Cantepye, Douart Gardin, Gilles Auvré et Moisson furent presque tout le jour estracquer à la forest et ne prindrent rien. Apprès disner, je fys mettre le chuquet de Noël en la cuysine par mes serviteurs et par Thomas et Nicollas dictz Vaultier, Giret Pyvain et Jehan Parys puys m’en allé à vespres. Sur les dix heures du soyer, Cantepye, Symonnet, Moisson, Jehan Groult et aultres de céans s’en allèrent à mattines en ceste parroisse, et de là à la messe à Digoville por voyer ceulx qui jouèrent une moralité à la fin de la messe; ilz en revindrent viron une heure avant jor.

Le lundi XXVe, jor de Noël, il estoyt encor fort negé. Je m’en allé à la messe, tous mes serviteurs quand et moy, hors Cantepye, qui demeura endormy et vinst assés tost apprès.

Le mardi XXVIe, jor Sct-Estienne, je ne bougé de céans. Dès le matin, Cantepye, et Symonnet et Jehan Groult s’en allèrent à la messe au Teil et furent à la Choule; il estoyt nuyct quand ilz en revindrent. Comme je alloys à la messe, je rencontré, à la Perruque, Guillaume Leclerc, de Fermanville et Pasquet, son beau-frère. Ilz retournèrent quand et moy à l’église et s’en vindrent disner, soupper et coucher céans. Michel Douville y vinst au soyer et Jehan Lenepveu, serviteur de Monsieur de Sct-Naser, lesquelz y souppèrent et couchèrent. Gilles Auvré et Douart Grandin furent à la forest estracquer et trouvèrent à la haye à loupz les gens du sʳ de Sottevast sur les voyes d’un senglier de deux ans, venant à troys, qu’il prindrent tous ensemble à Tollevast, près la maison Demons. Comme je revenoys de la messe, Jehan Parys me dist, présens led. Leclerc et Pasquet, Yvon Cacharf et plusieurs aultres qu’il avoyt trouvé ung cerf mengé des loupz près la Vente-de-dessus-le-Fest. Je luy dys qu’il me vinst quérir apprès disner por y aller.

Led. jor, apprès vespres, viron soleil couchant, Jehan Parys me vinst quérir por aller voyer le cerf qu’il avoyt trouvé à ce matin mengé des loupz, comme il m’avoyt dict. Je m’y en allé, led. Parys et Jacques avecques moy. Nous le trouvasmes et en estoyt tout le derrier mengé des loupz, comme il apparoissoyt à la nege. J’en couppé le chef et fys tourner le reste du corps sur l’austre costé. Nous trouvasmes qu’il avoyt heu un coup de boulet à la hanche gauche, puys nous en vinsmes.

Le mercredi XXVIIe, jor Sct-Jehan, je ne bougé de céans. Dès le matin, Michel Douville et Douart Grandin allèrent chercher des perdrix et ne prindrent rien. Symonnet, Moisson, Gilles Auvré allèrent ettraquer au boys et ne prindrent rien. Ung peu avant la messe, Jehan Desquesnes, serviteur de Sottevast, m’apporta ung quartier du senglier qu’ilz avoyent hier prins; je luy donné i s. Au soyer, ung nommé Robert Lefranc, serviteur du sʳ du Couldre m’apporta une belle et bonne trompe que son maistre m’envoyet il coucha et souppa céans. Il venoyt de chez le cappitaine Françoys Leclerc, qui est de présent à Réville; je luy donné  iii s. … iiii s.

Led. jor, apprès desjeuner, Guillaume Leclerc, de Fermanville, et son beau-frère, Pasquet, s’en retournèrent et emmenèrent Thomas Drouet quand et eulx. Je baillé aud. Pasquet, por achatter ung quartier de mouton, iiii s., lequel il m’envoya au soyer par Denys Le Marchant. Cantepye partit quand et eulx por aller chéz son père. … iiii s.

Le jeudi XXVIIIe, jor des Innocens, je ne bougé de céans; il estoyt encor for negé. Dès le matin, Symonnet, Michel Douville et Moisson s’en allèrent ettraquer au boys et ne prindrent rien que une cercereule et se cuydèrent perdre vers Saulsemesnil. Apprès disner, Douart Grandin s’en alla à Sct-Naser; je luy baillé ung lièvre et ung morceau de la venayson qu’on m’avoyt hier donnée por porter à ma seur. Collin, filz dud. Douart, qui estoyt hier venu por quérir son père, demeura céans por s’en retourner demain à son pays. Gaultier Birette revinst du Val-de-Sère où il estoyt allé mardi. Je fys tirer le baillet du cydre de bosc par led. Gaultier, Jehan Douart et Jehan Groult, filz Richard.

Led. jor, au soyer, La Butte, venant de Vallongnes, souppa et coucha céans. Symonnet ne souppa poinct, por ce qu’il fut prins de mal à l’estomac viron jor faillant.

Le vendredi XXIXe,, je ne bougé de céans; il estoyt encor negé. Apprès disner, je allé à la tennerye Auvré où je trouvé Thomas Drouet, qui abilloyt des peaulx de chèvre por moy. Ce faict, nous allasmes au moulin et de là au presbitayre, où nous trouvasmes Lorimier qui nous conta de ses procès de court d’église puys nous en vinsmes céans, où trouvasmes Chandeleur qui me dist que son nepveu de Barfleu avoyt esté tué à Dyeppe par ung compagnon de Port-en-Bessin. Nous allasmes, led. Chandeleur et Drouet avecques moy, chez Henry Feullye où led. Chandeleur ferra son cheval. Nous en vinsmes, led. Drouet et moy; je trouvé Cantepye revenu de chez son père. Il estoyt vol de vitecos.

Le sabmedi pénultième, il recommença à neger. Viron mydi, je allé à Vallongnes, Cantepye, Symonnet et Lajoye avecques moy, pensant qu’on adjugeast les quatriesmes: ce qui ne fut faict, par quoy nos en revinsmes incontinent. Thomas Drouet et Lemarchant, lesquelz venoyent de Monstebourg, s’en revindrent quand et nous. Por  ii libvres de chandelle et du beuf. … xii s.

Le dymenche, dernier jor, il estoyt fort negé. Apprès la messe et disner, je m’en allé à Vallongnes, Cantepye et Symonnet avecques moy à l’adjudication des quatriesmes; les esleuz estoyent desjà en chesre quand nous y arrivasmes et y furent jusques entre sept et huyct. Ce faict, nous montasmes à cheval et nous envinsmes soupper et coucher céans. Denys, nostre hoste, nous bailla une lanterne et des chandelles, qui nos servirent bien. Je donné aulx serviteurs de céans, por leur estrennes, vi sols. Nous laissasmes le procureur Brisenés et le contrerolleur, qui debvoyent soupper en la salette chez led. Denys. Jacques Meslin, qui estoyt party de céans quand et nous, amena mon cheval par la bride jusques à Beaumont, por qu’il faisoyt grand froyct, puys s’en retourna coucher chez Denys Lorion. Le quatriesme du Mesnil fut mys en la main dud. Mesnil et celuy de Siouville aussy. Hélye Leconte estoyt yvre et se voulloyt hausser en paroles contre l’esleu Pynard, comme on bannissoyt les quartz du sel. … vi s.

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